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  • Didier Leuba
  • J'effectue des recherches sur ma propre famille ainsi que toutes les autres familles LEUBA originaires de Buttes et de la Côte-aux-Fées.
Pour me contacter: didierleuba@hotmail.com
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Au pied du Chasseron, au-dessous des forêts des Grandes Joux, le village de Bullet groupe ses maisons. Son histoire est simple comme le nom qu’il porte, Buleto, en 1323, dérivation de Bole, puis de Boulet.

 

L’une des particularités de la contrée, ce sont les restes de la moraine frontale de l’ancien glacier du Rhône, que l’on peut suivre des Rasses aux Granges-Champod.

 

Le territoire, parsemé de nombreux blocs erratiques, dont l’un, la «pierre des Sommats», est aujourd’hui la propriété du Club jurassien, fut connu des Romains qui avaient établi un poste d’observation au sommet du Chasseron. En 1850, des fouilles commencées par le professeur Lesquereux et continuées par le docteur Gustave Campiche, y firent découvrir des tuiles romaines, des monnaies de Sextus Pompée à Constantin et d’autres objets parmi lesquels il faut citer une clochette et une lampe de bronze.

 

Le panorama que l’on découvre de là-haut, dessiné en 1894 par le syndic actuel de Sainte-Croix, Monsieur Louis Jaccard-Lenoir, s’étend sur la chaîne des Alpes du Dauphiné à la Forêt-Noire.

 

Le manque presque complet d’eau donna l’idée, autrefois, de construire sur ce plateau des scieries et des moulins à vent, dont il ne reste plus trace.

 

Au Moyen-Age, Bullet faisait partie de la seigneurie de Sainte-Croix. Une chapelle, filiale de Sainte-Croix, qui devint paroissiale en 1663, s’élevait à l’Est du Quartelet, la plus ancienne partie de la localité. Elle fut détruite le 1er juillet 1744, par l’incendie qui consuma le village tout entier. Il fallut quinze mois, nous raconte Monsieur Louis-Auguste Vivien, pasteur à Bullet, de 1880 à 1890, pour déblayer le terrain et travailler à l’érection d’un temple dont la commune paya les frais.

 

Diverses localités du canton de Berne et des baillages du Pays de Vaud contribuèrent cependant à sa reconstruction et à celle de la maison d’école par une somme de 6761 livres, 10 sols, 2 deniers, sans compter 72,822 livres destinées à 83 ménages que le feu avait délogés.

 

Les maîtres maçons et les charpentiers qui travaillèrent au temple étaient tous bourgeois de Bullet. Les anciennes cloches de la chapelle ayant été réduites en lingots, les frères Jean-Claude et Toinon Livremond, de Pontarlier, en fondirent de nouvelles, aux Cluds, l’un des hameaux de Bullet, le 3 juillet 1745. La plus petite, qui pesait dix quintaux, portait l’inscription suivante, en français et en latin: «La forme que j’avais par le feu perdue, m’a été par le feu plus belle rendue». Elles remplacèrent le tambour qui appelait les fidèles qu service divin dans une grange des Cluds.

 

Le temple fut inauguré le 5 septembre de la même année. A cette occasion, Monsieur le pasteur Agassiz prononça un discours impressif dont le souvenir se perpétua pendant plusieurs années à Bullet. Parmi ses successeurs, citons le pasteur Gauthey, pédagogue distingué qui fut, en 1826, le fondateur de l’Ecole normale, à Lausanne, et Monsieur Max-H. Chatelanat, un ami fidèle de Pestalozzi et le père du poète Ch. Chatelanat, l’auteur du charmant récit intitulé «Marthe ou une année de bonheur», dont les détails se déroulèrent à la cure de Bullet.

 

En février 1865, le temple de la paroisse qui eut comme premier pasteur, de 1663 à 1670, David Jaccard, faillit être, une fois de plus, la proie des flammes. Le clocher seul subit l’atteinte du feu, qui dévora douze maisons voisines et l’horloge dut être remplacée. Quelques transformations intérieures furent opérées. Plus tard, la galerie vit paraître un harmonium, puis un organe excellent, acheté par la commune elle-même. Malheureusement, cet instrument n’était pas assuré lorsque, pour la troisième fois, par suite d’un accident de cheminée, le feu éclate dans le temple paisible du village montagnard. C’était le 31 décembre 1886. La bise soufflait avec violence et sous l’action des flammes, les cloches fondaient lentement. Le froid était intense. Il fallut chauffer l’eau des pompes pour l’empêcher de geler dans les tuyaux. Des secours arrivèrent de Sainte-Croix, en particulier, une dizaine de sauveteurs commandés par Monsieur Oscar Bornand-Couleru.

 

Une nouvelle église fut édifiée en 1889. Restaurée tout récemment, elle offre, à côté d’autres avantages très appréciables, cette particularité intéressante que le prédicateur peut contempler en face de lui, sur le mur du fond, la scène de la «pite de la veuve», rapportée par l’Evangile, œuvre du bon peintre Paul Robert.

 

Sous la domination bernoise, Bullet dépendait de la justice de Sainte-Croix et lui fournissait quatre justiciers.

 

Les habitants de la localité restèrent très attachés au régime bernois. En 1798, le nouvel ordre de choses les trouva récalcitrants et plusieurs d’entre eux s’enrôlèrent dans la légion fidèle, sous les ordres du «Grand-Champod», qui combattit, le 3 mars, à Vugelles et à Vuitebœuf, contre les patriotes et les Français. Les montagnards furent battus, durent payer une contribution de 1200 francs et le «Grand Champod», menacé de la prison, se réfugia au Val-de-Travers.

 

L’industrie des hôtels a pris de l’extension aux Rasses, qui font partie de la commune de Bullet, d’où l’on peut contempler, dans les jours d’automne, la mer de brouillard dominée par la chaîne resplendissante des Alpes, spectacle que l’on n’oublie plus après l’avoir une fois contemplé.

 

 

Alfred Jaccard

Montons à Bullet

Feuille d’Avis de Lausanne

Du Jeudi 9 juin 1921

 

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